La danseuse enleve de la place a la femme..en même temps que ses rêves...
A une certaine époque, je n'étais plus une femme qui dansais nue pour vivre, j'etais une danseuse nue qui avait une vie en dehors du club. Mais pendant tres longtemps, contrairement a ce que je pensais, la femme en moi, était tres presente. Elle ne me disais rien, ne me critiquait pas, n'avait pas pitié de moi : elle m'observait, comme une amie, comme mes amies, elle me laissait vivre ma vie en restant tout pres...cette femme vulnerable, dependante affective, sans estime d'elle-meme, se rejouissait de me voir m'épanouir, devenir independante, et reprendre confiance en moi(due a ma popularité au club).
Aujourd'hui j'ai compris pourquoi, la femme qui ne s'aimait pas en moi se sentait protégé face a la femme forte, independante, autonome qu'etais la danseuse que j'avais créée. La petite fille que j'avais toujours été, la risée de son école secondaire, qui avait été trop souvent humiliée par les jeunes hommes a qui elle disait ses sentiments, avait une soif de vengeance face a ceux qui la desiraient. J'étais si bien, j'avais créée la femme que j'aurais toujours voulue etre a l'age adulte, une briseuse de coeur, si épuisée d'avoir trop pleurer, qu'a mon jeune age, je voulais n'avoir aucune tristesse, pitiés, colere, bref pas de coeur, et la danseuse que j'étais, n'amenais jamais son coeur au travail, et j'étais si bien puisqu'aucun client ne pouvaient m'ateindre, que j'avais décidé de mon plein gré, d'amener la personnalité que je m'étais donné dans se personnage de la danseuse que j'étais, hors du bar, j'étais devenue une femme sans coeur, superficiel, je jouais avec les hommes comme on joue avec un jouet, et quand le jouet ne nous satisfait plus, on le jete et passons a un autre. Je realise combien j'ai blessé d'hommes, appart la satisfaction de donner la souffrance qu'on a recue a l'adolescence, est-ce que ca m'a donné autre choses? Aucune.
J'ai été environ 2 ans a vivre sans amour, on dirait qu'il me fuiait, ou que je le fuiait, apres 2 ans et demi, je n'étais qu'un corps, avec un ame mais sans coeur, et quand je cherchais se coeur, mon sens du jugement me privait de le rejoindre, un combat commencais alors entre ma tete et mon coeur, la danseuse et la fillette insecure. Un ami ma deja dit que la danseuse que j'étais devenue protégeais une forteresse ou la petite fille se cachais et rien ni personne ne pouvais y acceder. En deux ans, j'avais construit une trop grosse forteresse pour que quiquonque puisse traverser ses murs...et je trouvais tellement que cet ami avait raison, mais apres 2 ans, la petite fille commencais a se sentir seule entre ses murs. Et la danseuse ne laissait rien passer, ni meme l'amour, il n'étais plus le bienvenu. Et un humain sans amour n'est rien.
Les danseuses au bar revent toutes d'un etre qui découvre en elles une vrai femme, la fillette qu'elles cache dans leur forteresse, une compagne sensuelle, une amie. Mais toutes savent, des la premiere minute, la premiere seconde, que rien de tout cela ne va se produire, du moins pas avec lui, alors elles revent au prochain client....
Les hommes qui entrent dans le bar font tout pour paraitre sur d'eux, comme s'ils étaient les maitres du monde et de leur propre vie, mais a force de les voir aller, je lisais dans leur yeux la terreur de leur épouse, la panique de leur vie, la pression de leur emploie, l'anxiété de leur divorce, meme devant une danseuse qu'il payais pour la toucher. Qui devrais se sentir a la hauteur face a l'autre, lui ou moi?
Tout les hommes, petits ou grands, arogants ou timides, sympathiques ou distants, ont une caractéristique commune : ils ont peur en entrant dans le club. Les experimentés le cachent en parlant fort, les timides boivent en esperant que leur gene disparaisse apres plusieurs verres. Mais je n'ai aucun doutes, dans 85/90% des cas, ils ont une peur.
Mais qui devrais avoir peur en verité? Eux, sont fort, savent crier, menacer, frapper. Ils sont peut-etre armés, mais dans les isoloirs, ils montrent une gene, une peur, ou une anxiété face a une femme, qui pourait etre faible, mais une femme les fais mourir de peur, peut-etre pas leur femmes, mais l'étrangere qui penetre son intimité dans les cabines.
Si je devais vous raconter ma vie, la, ce soir, je suis persuadée sans me vanter ou quoique ce soit qu'au moins 85% de vous me diriez que je suis une femme tres forte, independante, heureuse. Mais il en ai rien!! A partir du moment ou je suis devenue Malika, et que j'ai oublié celle que j'étais avant elle,je m'étais interdit de mentionner ou meme de penser au mot qui l'emporte sur cette danseuse/pornstar que j'étais devenue: L'amour. Mais dans ce monde superficiel, il m'étais interdit de montrer quelquonque signe de faiblesse, alors je ne pouvais que sourir, mais plus le temps passait et moins je supportais se fardeau.J'aimais mon travail, et je l'aime encore aujourd'hui, mais je supportais de moins en moins de vivre sans amour. J'esperais que ce moment allait vite passer, pour que je puisse me retrouver..
Toute ma vie de danseuse, j'étais heureuse mais il me manquais toujours quelque chose, un je ne sais quoi. Je voyais l'amour comme une sorte d'esclavage consenti. C'est totalement faux: la liberté et le bonheur n'existe que lorsque l'amour est la. Celui qui se donne totalement a quelqu'un, qui l'aime infiniment se sent libre et heureux.
Je me suis souvent sentie blessée, apres la perte des hommes que j'aimais. Aujourd'hui je suis convaincue que personne ne perd personne, car personne ne possede personne. C'est ca ma vrai experience de la liberté : avoir la chose qui nous est la plus importante sur terre, mais sans la posséder.

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